Le fief de la Clouterie
Mes ancêtres
Zacharie Cloutier est né dans la
paroisse de Mortagne au Perche en 1590, fils de Denis Cloutier et Renée Brière.
Charpentier de son métier, il épouse à Mortagne, le 18 juillet 1616, Xainte
ou Sainte Dupont, qui est de six ans sa cadette.
Tous les Cloutier d’Amérique sont d’une seule souche. Le couple a six
enfants, tous nés à Mortagne entre 1617 et 1632, mais une fille décède à
l’âge de dix ans.
Jean Guyon futur sieur du Buisson, est, avec Zacharie, cosignataire d’un
contrat d’engagement, le 14 mars 1634, pour partir vers la lointaine
Nouvelle-France. Au début juin, nul autre que Samuel de Champlain, est là pour
accueillir toute la famille Cloutier.
Une concession de mille arpents lui est concédée officiellement le 3 février
1637 et s’appelle le fief de la Clouterie, ou Cloutièrerie, à Beauport.
Les cinq enfants Cloutier ont une belle et vaste progéniture, et tous ont un
lien dans la présente généalogie.
La première à fonder une famille est Anne Cloutier, baptisée le 19 janvier
1626, à St-Jean de Mortagne. Elle devient l'épouse en 1637, âgée d'à peine
11 ans, du pionnier Robert Drouin, après avoir signé le 27 juillet 1636, le
premier contrat de mariage, de la Nouvelle-France.
L’aîné, Zacharie Cloutier, baptisé le 16 août 1617, à Mortagne, du même
prénom que son père, se marie lors d'un passage en France, en 1648, avec
Madeleine Émard. Le couple revient dans la colonie avec deux soeurs de
celle-ci, Barbe Émard qui se marie au fondateur de Beaupré, l'ancêtre Olivier
LeTardif et, Anne Émard avec l'ancêtre Guillaume Cousture. Le couple Cloutier/Émard
a huit enfants dont quatre enfants forment des branches nous reliant à l’ancêtre.
Barbe Cloutier épouse Charles Bélanger, en 1663; René Cloutier, né en 1651,
épouse Marie-Élisabeth Leblanc, en 1672; Marie-Madeleine Cloutier avec Jean
Bouchard, dit Dorval, en 1676. Et le quatrième, Charles Cloutier, né en 1662,
épouse Anne Thibault, en 1685.
Le deuxième fils, Jean Cloutier, baptisé le 13 mai 1620, à St-Jean de
Mortagne, épouse en 1648, Marie Martin, née en 1635, fille de l’ancêtre
Abraham Martin et Marguerite Langlois. Trois enfants du couple forment des
liens. Un fils, Jean Cloutier en 1679, avec Louise Bélanger; et deux filles,
Marie Cloutier, en 1671 avec Jean-François Bélanger, puis le troisième
enfant, Xainte Cloutier avec Charles Fortin, en 1681.
Un troisième fils du couple Zacharie et Sainte Dupont, Charles Cloutier, baptisé
le 3 mai 1629, à Mortagne, épouse en 1659, Louise Morin, née en 1643, fille
de l’ancêtre Noël Morin et de Hélène Desportes. Trois enfants nous
concernent, Élisabeth-Ursule Cloutier avec Nicolas Gamache, en 1676; Jeanne
Cloutier avec Claude Gravel, en 1687, puis; Joseph Cloutier en 1733, avec
Madeleine Lefebvre.
La cinquième enfant, Marie-Louise Cloutier baptisée le 18 mars 1632, à
Mortagne, veuve de François Marguerie, noyé en face de Trois-Rivières avec
Jean Amyot, épouse en secondes noces, en 1648, l'ancêtre Jean Mignault, dit Châtillon,
né en 1630, à Paris.
L’ancêtre Zacharie décède en 1677, âgé de 87 ans et Xainte Dupont, trois
ans plus tard. L’avenir de leurs descendants est assurés ainsi que la légende
qui veut que dans toutes les familles Québecoises et francophones d'Amérique,
il y a un peu de son sang, qui coule dans leurs veines...
Maintenant nous sommes en 2005 et les Cloutier sont toujours là au Québec et ailleurs..
Une anecdote...
En tant que propriétaire terrien, le seigneur a droit à certains honneurs. Il a, par exemple, le privilège d'occuper le meilleur banc de l'église. Il est aussi le premier à recevoir la bénédiction, le pain bénit, les cierges et les rameaux. Ses censitaires doivent, quant à eux, lui verser des rentes qui varient selon le nombre d'arpents qu'ils ont, lui payer un droit de mouture, de pêche, des lods de vente et ainsi de suite. Le seigneur ne peut cependant pas augmenter les droits à sa guise, car il est tenu de se limiter à ce qui a été déterminé lors de la signature du contrat.
Dès que le seigneur concède un arrière-fief, il s'attend à recevoir des honneurs civils de son vassal comme l'acte de foi et hommage. Au cours d'un cérémonial, le vassal doit se rendre au manoir seigneurial et, après avoir enlever ses armes et mis genou en terre, il se déclare le vassal du seigneur. De son côté le seigneur accomplit le même rituel devant le gouverneur. Il se proclame fidèle vassal du roi et lui promet de remplir toutes ses obligations.
Ces cérémonies se déroulent habituellement sans encombre, mais on retrouve quelques exceptions. Ainsi en est-il du seigneur Robert Giffard qui éprouve quelques difficultés avec les arrières-fiefs concédés à Jean Guyon et Zacharie Cloutier. Ceux-ci se refusent à se soumettre à l'autorité de leur seigneur et bien qu'ils aient été rappelés à l'ordre plusieurs fois, ils ne veulent surtout pas s'agenouiller devant lui pour lui prêter foi et hommage.
Robert Giffard doit donc en recourir au gouverneur qui envoie aux deux récalcitrants sommation sur sommation. Ce n'est qu'à la troisième que Cloutier et Guyon finissent enfin par s'exécuter et se rendent au manoir. Mais avant de prêter foi et hommage, ils s'assurent que Robert Giffard n'est pas chez lui, car la loi les autorise à rendre hommage au seigneur en son absence si, après avoir frappé trois fois, il n'y a aucune réponse. Ainsi ont-ils plié genou et rendu foi et hommage devant un domestique de Giffard. Voici comment les choses se sont passées pour Jean Guyon :
Procès-verbal de la prestation d'une foi et hommage en l'absence du suzerain (arrière-fief du Buisson, concédé à Jean Guyon)
En
la présence et compagnie de Guillaume Tronquet, commis au Greffe et
tabellionage de Québec, en la Nouvelle-France,
Jean Guion, habitant de la Nouvelle-France, demeurant en sa maison du Buisson,
S'est transporté en la maison Seigneuriale de Beauport et à la principale
porte et entrée de la dite maison,
Où estant le dit Guion aurait frappé et serait survenu François Boullé,
fermier du seigneur de Beauport, auquel le dit Guion aurait demandé si le dit
Seigneur de Beauport était en sa maison seigneuriale de Beauport ou personne
ayant pour lui charge de recevoir les vassaulx à foy et hommage;
A quoy le dit Boullé auroit faict response que le dit Seigneur n'y estait pas,
et qu'il avoit charge de luy pour recevoir les vassaulx à foy et hommage
Après laquelle response et à la principale porte, le dit Guion s'est mis un
genouil en terre, nud teste, sans épée ni esperons et a dit par trois fois ces
mots:"Monsieur de Beauport, Monsieur de Beauport, Monsieur de Beauport, je
vous faict et porte la foy et hommage que je suis tenu de vous faire et porter,
à cause de mon fief Du Buisson duquel je suis homme de foy relevant de votre
Seigneurie de Beauport, vous déclarant que je vous offre payer les droits
seigneuriaux et féodaux quand deubs seront, vous requérant me recevoir à la
dite foy et hommage."
(Signé) Troquet
Bibliographie :
Trudel,
Marcel, Le régime seigneurial, La société historique du Canada,
brochure no 6, Ottawa, 1956.
Trudel, Marcel, Les débuts du régime seigneurial au Canada,
Fides, Montréal, 1974.
Aujourd'hui des milliers de Cloutier descende directement de Zacharie et font toujours honneur à la famille Cloutier
MAIS... On descend tous d'une bande de colons...
© 25 février 1590