Doux félin au regard doré,
Berce mes nuits de ta présence.
Tes yeux sont comme deux brasiers,
Dans ta vie de grande indolence.
Serais-tu ange ou bien démon ?
Peu importe. Tu es toi, tu es moi...
Mais surtout n'écoute pas ton surnom,
Pour ainsi dire que tu sois froid.
Plus libre que le vent et la pluie,
Tu ouvres en moi un souvenir de liberté.
La grande civilisation tu la fuis.
De même tu ne connais ni hypocrisie, ni pitié.
Corps de velours et de mystère,
Ton amitié n'a pas de limite.
Mais ta présence reste très éphémère
Dans ton cercle de vies séduites.
Et alors, lorsque la fin viendra,
Emportant ton âme dans un miroir de glace,
Insinues-tu que pour la première fois tu pleureras ?
Réfléchis où est vraiment ta place.
Dans ta vie de fuite et de folie,
Tu as néanmoins réussi à naître.
Par une main étrange tu as été pétri,
Pourtant au fond de toi, tu n'auras jamais de maître.
Ceux qui le savent restent devant toi contemplants.
Ton impression sait être funeste.
De tout tu te moques ou fais semblant,
De là je refuse de te fuir comme le reste.
La nuit peut souvent paraître suspecte,
Où les nobles ombres aiment à disparaître,
Dans un frisson tu te délectes.
Plus qu'un juge, il faut devant toi comparaître.
Tel un fantôme tu rodes dans la vie.
Qui te comprendra un jour vraiment ?
Garde ton secret mon doux ami,
Et tout comme moi reste distant.