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Un Royaume Voyage au Lac Saint-Jean... Asteur(maintenant) une histoire du Saguenay... Un Roi avait une fille. Elle était dune grande beauté et ne manquait pas dintelligence. Le Roi était enchanté de sa fille et il voulait lui trouver un mari à sa mesure. Il fit publier un édit annonçant que celui qui pourrait faire un discours qui mettrait sa fille dans lembarras, de sorte quelle ne trouve pas de réponse, aurait sa fille en mariage. De partout, des seigneurs se rendirent chez le roi pour converser avec la princesse. Ceux qui ne réussissaient pas à lembêter étaient mis en prison pour un an et un jour. Un seigneur du voisinage avait trois fils. Les deux plus âgés étaient brillants et instruits. Le plus jeune, Ti-Jean, qui manquait de finesse, agissait comme serviteur des deux autres. Les deux plus vieux dirent : - Allons chez le Roi parler à la princesse. - Faites attention à ce que vous allez dire, leur dit leur père. Rappelez-vous que la prison du Roi est pleine ! - Quimporte, allons-y ! dirent les fils. Lorsquils furent partis, leur frère les suivit en cachette. Il savait quil fallait trois jours pour se rendre chez le roi. Seule la curiosité motivait son déplacement. Il voulait savoir ce que ses frères allaient faire une fois à destination. Le premier soir, après la journée de voyage, les deux frères aînés entrèrent dans une maison pour demander lhospitalité. Ti-Jean entra dans une maison voisine pour ne pas se trouver avec ses frères. Car eux avaient de quoi payer leur logis tandis que lui nen avait pas. Il sen fut trouver les domestiques. Je nai pas de quoi payer votre hospitalité, dit-il, mais je peux travailler pour vous. Les domestiques, qui avaient beaucoup de travail à faire, furent daccord. Ti-Jean se mit à travailler vif comme le vent. Les domestiques enchantés de son ardeur à la tâche voulurent le garder toujours avec eux. Mais il refusa. Le lendemain matin, il partit pour suivre ses frères qui étaient déjà en route. Les serviteurs, qui lappréciaient beaucoup, lui dirent : Tiens ! Voilà une petite serviette ; mets-la dans ta poche. Quand tu auras faim tu nauras quà désirer nimporte quoi et tu lauras tout de suite. Ti-Jean les remercia et sen alla. Il marcha encore une journée entière en suivant ses frères. Le soir, il sarrêta encore à la maison voisine de celle où sétaient arrêtés ses frères. Il alla trouver les domestiques. Il leur expliqua quil navait pas dargent mais quil pouvait travailler pour les aider. Les domestiques furent bien contents car il travaillait vite et bien.. Le lendemain matin, au moment de les quitter, lun deux lui dit : - Tiens ! Voilà une petite bouteille. Quand tu auras soif, tu nauras quà souhaiter de leau ou du vin et tu lauras. Ti-Jean était ravi. Il les remercia en sécriant : - Avec ça, je marrangerai bien ! Puis, il partit. Ses frères étaient toujours devant lui. Cétait la dernière journée de marche avant darriver chez le Roi. Le soir venu, il fit comme il avait déjà fait : il alla voir les domestiques et leur proposa de le garder à coucher en échange de travaux de jardinage. Il travailla vite et bien et le jardinier-chef fut très content de lui. Le lendemain, il lui donna un petit violon en disant : Tu vas aller en prison comme les autres. Tu joueras de ce violon. Tu amuseras les autres à les faire danser et chanter. Ti-Jean le remercia et suivit ses frères qui sen allaient rencontrer la princesse. Elle les attendait sur le perron du palais. Ti-Jean se cacha pour écouter les paroles quils échangeaient. Ses deux frères firent des discours pour tenter dembêter la princesse mais elle était si vive et futée quelle trouvait toujours une réponse ou une réplique à leurs dires. On les mit en prison, séance tenante, avec tous les autres éconduits. Ti-Jean sapprocha à son tour mais au lieu de parler à la princesse, il la menaça du poing. Et il lui lança une série dinjures lui reprochant davoir fait emprisonner ses deux frères. La princesse fut tellement surprise de ce comportement quelle en resta bouche bée. Ti-Jean lavait véritablement embêtée. Et elle navait plus de voix pour répliquer quoi que ce soit. On avertit le Roi de ce qui sétait passé. - Tu vas épouser ce garçon puisquil ta embêtée, déclara le Roi en se rendant auprès delle. Mais Ti-Jean refusa et demanda plutôt daller en prison. Le Roi, plein de dépit, accéda à sa demande malgré sa mauvaise humeur. Quand Ti-Jean arriva dans la prison, il vit bien que tous les prisonniers étaient en larmes. Il les questionna. - Nous navons pas mangé depuis trois jours, dirent les prisonniers. - Avez-vous faim ? demanda Ti-Jean. Quelle question ! Bien sûr que nous avons faim ! Ti-Jean sortit sa serviette de sa poche, louvrit et dit : Demandez ce que vous voulez manger. Le premier prisonnier dit : - Un poulet rôti et du gâteau. Le poulet et le gâteau apparurent par magie. Ti-Jean réussit à calmer la faim de tous les prisonniers. Puis, il décida de les faire boire. Il saisit sa petite bouteille et dit : - Jaimerais du bon vin. Le vin coula à flots et les prisonniers en burent tant et tant quà la fin ils étaient soûls. Ils riaient et ils étaient très gais. Alors, Ti-Jean décida de les faire danser. Il sortit son violon et se mit à jouer. Les prisonniers se mirent à danser et à chanter bruyamment. Le roi entendit le bruit et les chants. Il appela ses servantes et leur demanda : - Quavez-vous donné à manger aux prisonniers aujourdhui ? - De la soupe aux pois mais ils nen ont pas voulu. - Allez leur porter encore à manger : ils font tant de bruit que je pense quils deviennent fous ! sécria le Roi. Les servantes allèrent au cachot porter de la soupe aux pois dans de grands chaudrons : mais dès quelles entendirent la musique du violon elles lâchèrent leur fardeau et se mirent à danser. Le Roi voyant la soupe renversée se fâcha et courut après les servantes. Mais dès quil arriva tout près, il se mit à danser lui aussi. Tous ensemble, ils dansaient en compagnie des prisonniers qui, comme les autres, ne semblaient pas pouvoir sarrêter de danser. La Reine saperçut de ce qui se passait. Le bruit et les chants lui cassaient les oreilles. Elle décida daller trouver ses gens pour leur dire de se taire car tout le village était réuni à la porte de la prison pour écouter les gens danser et chanter. Mais lorsquelle fut à deux pas de son mari et de ses servantes, elle ne put sempêcher de se mettre à danser à son tour. Et tout à coup le roi se rendit compte que cétait Ti-Jean qui jouait du violon et qui les entraînait tous dans la danse. Il sécria : Ti-Jean ! Arrête donc de jouer de ton violon et je te donnerai la princesse et la moitié de mon royaume. - Ce nest pas assez, répondit Ti-Jean tout en continuant de jouer. Videz la prison. Renvoyez tous ces gens chez eux, sinon je continue de jouer... Le Roi donna lordre douvrir les portes de la prison et il renvoya tout le monde. Quand tout le monde fut parti, Ti-Jean arrêta de jouer.
Deux jours plus tard il épousa la princesse et, ensemble, ils eurent une belle et longue vie. bin oui... ISAbelle... Ti-Jean par-devant....*r*
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