Processus créatif 

Collage de textes sur le processus créatif

 

 

 

Oeuvre de Marcel Charest "L'usine automatique" acrylique 

 

 

 ''Dieu crée à partir de rien; je ne suis pas Dieu.''

     Je crois que mon processus de création s’inspire de la période post-Picasso.

 Mes  éléments déclencheurs.

  La curiosité de nouveaux matériaux d’art, de nouvel environnement, de nouvelles rencontres, de nouvelles connaissances.

    Mon souci d’éviter la prison du complexe de la page blanche.

    Ma délinquance face à mes propres règles du moment par l’utilisation de techniques par l’absurde. Toute expérience de vie colorée et épicée, émotive ou réfléchie.

Le tableau

    Le résultat final ressemble à un dessin qui peut être simple et dont la lecture s’effectue simultanément sur plusieurs niveaux. Il suit une démarche elliptique. C’est ma variante de l’art abstrait. Une simple lecture linéaire conduit à une interprétation anarchique incohérente.

Le fonctionnement

   De toutes les périodes de l’histoire de l’art, je suis resté accroché au néo-Picasso, dont j’admire le génie et la quantité de travail. Je n’ai pas franchi la limite de cette période car j’hésite à m’inscrire au programme de l’art du XXIe siècle qui s’élabore à partir de l’informatique; en bref, je n’aime pas trop être confronté à une machine récalcitrante.

     Mon langage pictural veut suivre ma langue de communication; c’est ainsi que parlant le français contemporain, mes pinceaux parlent avec l’abstraction. Le réalisme m’a permis d’apprendre beaucoup, mais je crois qu’il est issu d’une société dont la langue de communication est dépassée, voir moribonde, si non morte : l’ancien français.

De l’imagination, cette folle du logis.

    Elle peut sembler débridée, mais elle vise un but précis : l’originalité. Certaines méchantes langues racontent que le genre réaliste produit de la copie, la copie de la nature. Or, la copie est utile pour conserver un document ou apprendre une technique. Ceci étant dit, je désire laisser de la place sur mes tableaux au non-dit, à l’incertain, à l’inconnu presque insaisissable si on veut parler de l’humain; il n’est pas une machine finie.

De la patience

     Je veux également que la facture de mes tableaux indique que l’œuvre n’a pas débuté simplement avec le premier coup de pinceau. Elle débute bien avant et suit une démarche remplie de pré requis longtemps mijotés. Souvent sans trop s’en apercevoir, le peintre fait de nombreux calculs durant l’exécution et applique plusieurs règles. Tous ces calculs demandent le temps de la patience et des choix parfois douloureux qui mèneront au cri du tableau nouveau-né. Patience et détermination.

Du rythme

     Qu’est-ce que le rythme dans mes peintures?  Je crois que le rythme fait partie de l’existence et de la vie et il doit paraître dans le tableau. Certains motifs nécessitent la répétition de certains gestes à intervalles réguliers qui demande le sens du rythme. La musique m’aide énormément à développer le sens du rythme; je suis claviériste. Sans rythme, la monotonie s’installe.

De la délicatesse

    Je peux aller jusqu’au pointillisme des impressionnistes. J’aime bien le sentiment de force, de pouvoir que dégagent les peintures expressionnistes; mais je suis mal à l’aise avec leur finition abrupte. Je ressens le besoin d’une multitude de détails fignolés pour espérer être compris en profondeur, au risque de perdre l’idée principale du propos. J’essaie quand même d’éviter le maniérisme je ne suis pas Rococo.

De la luminosité

    Je pense que l’œuvre doit éclairer la pièce et les gens autour. Il doit aussi, sur le tableau, y avoir un échange de couleurs entre l’objet principal et son environnement.

Les couleurs doivent éclater par leur puissance de contraste, les jeux d’ombre et de lumière, de dégradés.

De l’harmonie des couleurs

    Tout ce que l’on met sur le tableau devrait être nécessaire pour sa lecture; tout doit être lisible. Il ne faut pas qu’une couleur fasse disparaître une autre; une couleur peut ressortir en rabaissant une autre; ces harmonies  créent de la perspective; cette juxtaposition de couleurs permet à l’œil de l’observateur de faire lui-même la synthèse de façon active.

Des dimensions

    La perspective de couleur sert à distinguer les objets de leur environnement et sert aussi à appuyer une atmosphère, sans cela c’est l’anarchie. Certaines œuvres  abstraites n’utilisent plus la perspective linéaire. Les transparences veulent exprimer les transparences de l’existence, de la vie, de l’âme; son mystère, sa fluidité, son aléatoire, ses surprises. Tout cela peut mener à une lecture variable selon l’observateur qui est lui-même dans un état particulier.

   Perspective, harmonies transparences me servent à appliquer la théorie scientifique de géométrie sur les dimensions infinies du volume dans l’espace. Cette théorie a été élaborée au  XXe siècle. Je veux retrouver donc, au moins, une quatrième dimension spatiale dans mon tableau.

De l’unité dans la diversité, de la cohérence

   Je fonctionne par analyses et synthèses successives parfois superposées. La dernière conclusion constitue la base de mon propos ou l’idée principale. Je peux arrêter l’évolution du tableau à tout moment jugé à propos, cependant. C’est pourquoi même mon idée principale peut changer au cours de l’ouvrage, ce qui peut devenir une démonstration par l’absurde et non une démarche absurde vouée à l’échec. L’ensemble peut présenter une étonnante variété d’éléments compréhensibles seulement lors de la synthèse finale. C’est elle qui constituera mon fil conducteur et servira à la cohérence pour pouvoir lire.


Marcel Charest, Artiste peintre

 

Oeuvre de Marcel Charest

 

"D’un oeil, observer le monde extérieur, de l’autre regarder au fond de soi-même."
-
Amedeo Modigliani-


 

Arseno

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